Le « Château »

Le Rang des Drapiers est un alignement de 18 demeures édifiées en 1880 par de riches bourgeois, fabricants ou négociants. Une partie de ces bâtiments semble avoir été imaginée par les architectes Dupire Rozan et Dupire Deschamps. Les motifs ornementaux et la répétition des matériaux créent une harmonie entre les différents édifices de l’alignement. Afin d’afficher leur richesse ou leur puissance, les propriétaires ont souhaité pour leur demeure une architecture ostentatoire dans laquelle on retrouve une profusion de détails. En remontant le boulevard du Général de Gaulle, vers le parc Barbieux, on se retrouve devant l’hôtel Motte-Lagache, conçu également par Dupire Rozan pour le négociant en tissus Joseph Voreux. L’hôtel Voreux, puis Motte-Lagache, a été construit vers 1880 en même temps que les autres bâtiment du rang des drapiers. Il est acquis par Edouard Motte-Lagache en 1902, puis après avoir été vers 1947 le siège du syndicat des filateurs de coton, il devient en 1979 le siège du C.P.L.E. (Centre de pratique de langue étrangères) de Roubaix.

Construit en briques et en pierres, le bâtiment comporte trois étages, et sa façade, dont la composition est homogène et équilibrée, est ouverte sur la cour et visible du boulevard. Comme la façade principale, l’arrière de l’édifice est constitué d’un assemblage de briques rouges souligné par des encadrements constitués de moellons de pierre blanche. L’hôtel est constitué de deux ailes rectilignes qui encadrent le bâtiment principal. À l’intérieur de celui ci, le hall d’entrée est prolongé par un escalier monumental en pierre qui mène à différents salons. On y retrouve différentes formes de décor, et de nombreux éléments du bâtiment font l’objet d’une protection de monuments historiques. On peut voir, sur la façade extérieure du bâtiment, de nombreux ornements empruntés à des styles et époques différentes, ce qui fait que cet hôtel est un manifeste éclectique.Les préceptes de l’éclectisme sont utilisés dans le style beaux Arts, qui atteint son apogée au XIXe siècle, et perdurera jusqu’à la rupture de 1968. Né en France, il est rapidement exporté dans toute l’Europe jusqu’en Russie, puis aux États-Unis, où il obtient également un grand succès à partir des années 1860 jusqu’au milieu du XXe siècle. Les principales caractéristiques du style Beaux-Arts sont la symétrie, la hiérarchisation des espaces ainsi que la référence aux styles passés. Ce libre mélange des époques a finalement donné naissance à l’architecture éclectique. Le principe de base de l’éclectisme est de «Faire du neuf avec du vieux» : ce mouvement puise son inspiration dans des styles architecturaux d’époques différentes. On retrouve parfois des imitations d’architectures existantes, ainsi que des références à de nombreux styles anciens, avec une tendance constante à rechercher un équilibre des volumes. De plus, les architectes éclectiques n’ont pas hésité à réemployer et à mélanger différentes influences stylistiques jusqu’alors rejetées pour leur interprétation libre du répertoire classique. On y retrouve aussi la précision et la profusion des détails architecturaux.

La France de la fin du XIXe siècle est témoin d’une révolution industrielle qui engendre une forte croissance de l’économie. Le pays connait une phase d’intense transformation de l’industrie, caractérisée par l’utilisation de nouvelles techniques, le développement de nouvelles branches d’activités et une augmentation durable de la production. La société se transforme, on assiste à une urbanisation, ainsi qu’à l’exacerbation du clivage entre les classes sociales. Cette révolution industrielle crée de nouvelles nécessités, c’est pourquoi la typographie du XIXe siècle a elle aussi subi les effets de ce changement. Le XIXe siècle typographique est ainsi marqué par de grandes modifications : les caractères sont déformés et hybridés, on utilise la typographie pour expérimenter toutes sortes de modifications, afin de creuser la richesse des formes et des caractères : la typographie devient un art.

...