La Gare Jean Lebas

La première station est mise en service en novembre 1842 et ne comprend que trois éléments : les bâtiments contenant les bureaux et salles d’attente, un bâtiment central réservé à la douane et aux salles de visite et une station de marchandises. Cette station était réservée en particulier au commerce et à l’échange de marchandises ; elle témoigne ainsi de l’ancien essor industriel de la ville de Roubaix. Entre 1842 et 1888, la compagnie accorde plus d’importance à la partie de la gare qui accueille les marchandises et le bureau des douanes qu’à la partie voyageurs, ce qui n’est pas du goût de la municipalité. Elle considère la gare « comme insuffisante et indigne d’une ville comme Roubaix » et désir la construction d’un bâtiment voyageurs ; c’est donc Sydney Dunnett, Architecte de la Compagnie des chemins de fer du Nord, qui est chargé de ce projet. Le nouveau bâtiment se compose d’un corps central disposant, en façade, d’un grand pignon en verre surmonté d’un campanile avec une horloge visible de loin, élément important car les Roubaisiens vivent à l’heure de Bruxelles alors que les trains circulent à l’heure de Paris. Cet élément central est encadré par deux pavillons du style régional, construits en briques et pierre. Une vaste halle métallique accueille les voyageurs. L’architecture de la gare est de style rationaliste, c’est - à - dire que la fonction du bâtiment est reflétée par sa forme. Cette nouvelle gare est ouverte au public le 1er septembre 1888. Un an plus tard, les quais et les voies sont recouverts d’une grande halle vitrée à structure métallique. Lors de la Première Guerre mondiale Roubaix et sa gare sont occupés dès le mois d’octobre 1914. Lors de son départ, en octobre 1918, l’armée allemande fait, entre autre, sauter la grande verrière des quais. La grande halle des quais n’est pas reconstruite après la fin de la guerre. La gare approche des 90 ans, lorsque la SNCF constate la dégradation de sa structure et annonce qu’elle a l’intention de la démolir pour la remplacer par une gare plus petite. La municipalité est réfractaire à cette proposition. Finalement la gare restaurée est inaugurée le 20 octobre 1984. Les infrastructures servant au stockage des marchandises sont détruites pour permettre une restructuration du quartier.

La gare appartient à ce que l’on a appelé le courant métallique flamboyant, le métal devient apparent, c’est l’époque où la France construit en abondance des marchés couverts métalliques. Cependant nous pouvons rattacher le style de la gare de Roubaix à l’ère de la Révolution Industrielle qui a vu naître d’autres bâtiments similaires comme le Crystal Palace à Londres, la Tour Eiffel ou la plupart des gares parisiennes. L’architecture industrielle telle que nous la connaissons est fondée sur la rationalité, elle met en place le système des structures porteuses associées aux parements. Les matériaux utilisés sont la brique, le métal et le béton armé, le tout associés au verre. Ces constructions, et en particulier les usines, avaient pour vocation de montrer la puissance industrielle.

C’est au début du XVIIIe que les typographies égyptiennes et sans serif voient le jour. Certaines typographies comme la Didot, la Bodoni, la Calson ou la Baskerville sont restées célèbres. Qualifiées de modernes, elles ont pour particularité d’accentuer le contraste entre les pleins et les déliés de la lettre. Cependant, certaines dérives de l’industrialisation ont fait perdre les lettres de noblesse à la typographie au cours du XIXe. En effet, la demande augmentant, certains supports sont imprimés en grande quantité, comme les livres ou les journaux et cela au détriment de la qualité. Certains journaux , comme le Times de Londres, vont mener la vie dure à la typographie à cause de la très mauvaise qualité des impressions. De plus, la Révolution Industrielle voit l’apparition de la publicité et une augmentation du besoin d’affichage. Alors c’est la course à la surenchère avec la création de nombreuses typographies que l’on pourrait qualifier de fantaisistes. Les affiches de cette époque mélangent souvent plusieurs de ces typographies et sont caractérisées par cette cacophonie visuelle. En ce qui concerne la gare de Roubaix, il ne reste pas de vestige typographique de son époque, la restauration ayant sûrement sacrifié cet aspect du bâtiment. Cependant, on y retrouve la typographie « Achemine », crée par Bruno Bernard spécialement pour la SNCF.

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