Le Gymnase CDC

Le Gymnase a été construit entre 1876 et 1877 selon les plans de l’architecte municipal Coliez, à qui l’on doit également l’hôpital de la Fraternité. Ce lieu était au départ destiné à accueillir les écoles de Roubaix pour la pratique scolaire de la gymnastique.

En 1906 « La Roubaisienne », Société Municipale de Gymnastique et de Tir, créée en 1875 occupe le Gymnase. Après plusieurs décennies d’occupation, la société de Gymnastique n’utilise presque plus la salle et s’est déployée dans la salle de sports de la rue Watt. Une troupe de théâtre l’occupe alors momentanément pour laisser place en 2003 à l’association « Danse à Lille » devenue alors le Centre de Développement Chorégraphique (CDC). Le centre y demeure actuellement, accueille une quarantaine de compagnies de danse contemporaine et propose deux festivals ainsi que des cours et des stages. En 1997 le Gymnase est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
Concernant la Société de Gymnastique la Roubaisienne, elle sera fondée en 1875. Connue et reconnue pour le prix qu’elle reçoit en 1900 au championnat de France d’athlétisme, elle est considérée comme l’une des plus belles institutions gymnastes de l’époque. Outre les exploits sportifs, la société vise également à former les combattants de demain, c’est-à-dire qu’elle assure la formation militaire des jeunes hommes roubaisiens.

Le gymnase est construit de telle sorte que l’on y pénètre par une petite cour goudronnée entourée d’une haie de troènes. Le mur de façade en brique rouge est rythmé par quatre portes, de huit pilastres et de sept oculi circulaires et en arc de cercle qui permettent d’éclairer la galerie. Elle est constituée essentiellement de briques, mais aussi de pierres de Soignies, et de quelques pierres de taille blanches.
La salle intérieure est rectangulaire, le plafond haut est constitué d’une voûte en berceau tapissée de bois. Cette voûte repose sur six fermes métalliques prenant naissance sur des poteaux qui ménagent cinq travées dans le sens de la longueur. La structure métallique entière est recouverte de bois. Une galerie réservée aux spectateurs est installée au premier étage, des gradins l’entourent. Chaque travée est décorée d’un motif constitué d’une gueule de lion serrant entre ses mâchoires une haltère.

En Europe, la fin du XIXème siècle est marquée par un changement équivoque dans le rapport qu’a l’architecte avec les matériaux. En effet, l’ère industrielle laisse place à l’ère moderne, les architectes réalisent que des matières produites industriellement et considérées comme non nobles possèdent des qualités inattendues, comme le béton ou le fer par exemple. La fonctionnalité du bâtiment prime alors sur son aspect visuel : les mots d’ordre sont rapidité, efficacité, confort et réduction des coûts. Apparaissent les gratte-ciel et la très renommée Tour Eiffel. En parallèle, entre les années 1860 et 1920 apparaît dans le milieu architecturale l’éclectisme, style que s’appropriera l’architecte Coliez pour la construction du Gymnase. Ce courant consiste à mêler dans le même bâtiment plusieurs éléments propres à différents styles ou époques de l’histoire de l’art et de l’architecture.

Le Gymnase de Roubaix a donc été réalisé aux prémices de ces ruptures, et montre encore les caractéristiques d’une architecture classique fonctionnelle. Il adopte l’architecture éclectique presque néo-baroque de la fin du XIXème siècle. En effet ces pilastres frontaux rappellent les colonnes antiques, tandis que les oculi ressemblent aux ouvertures des églises romanes ou encore au sommet de certaines basiliques latines. Enfin la figure intérieure de lions dorés aux haltères évoque l’ornementation baroque.
Son armature métallique intérieure dissimulée sous le bois l’intègre dans son époque. Ce matériau inédit, tout droit venu de l’ère industrielle nouvelle montre les avancées technologiques modernes en matière d’architecture.

La typographie du XIXe siècle est fortement marquée par l’ère industrielle et par les nouveaux besoins émergents, comme ceux de communiquer à un large public. Via la publicité des caractères grands et attractifs apparaissent, tandis que du côté de l’édition, les livres créés en plus grand nombre à moindre prix se voient octroyer des caractères plus lisibles mais beaucoup plus petit pour réduire le nombre de pages et donc le coût. Le développement de masse de l’impression est rendu possible grâce aux innovations techniques conséquentes telles que la presse en métal mue par la vapeur. De nouvelles formes typographiques apparaissent alors : didones ultra grasses, mécanes, caractères ornés et plus tard les linéales. C’est un siècle de surcharge pour le caractère typographique qui est affublé d’ornementations, de motifs et autres hybridations mélangeant les styles et les excès.

...